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Antilles Guyane, juin 2001

Corrigés
Les textes des corrigés sont en bleu à l'exception des légendes des figures


Partie I (10 points)

BIOLOGIE HUMAINE

1. Anatomie du rein (2,5 points)
1.1
Voir document 1
1.2
1.2.1
Voir document 2
1.2.2
Voir document 2
2. Intervention des reins dans l’homéostasie (4 points)
2.1
On constate sur le tableau du document 3 que le sodium, le glucose et l’urée sont à la même concentration dans le plasma sanguin et dans l’urine primitive. En revanche, les protéines et les lipides présents dans le plasma sont absents de l’urine primitive. De plus, l’urine primitive, comme le plasma sont dépourvus d’ammonium et d’acide hippurique.
L’urine primitive se forme par filtration. Le glomérule filtre le plasma en laissant passer librement les molécules de masse moléculaire inférieure à 5 000 ce qui explique que l’on retrouve la même concentration de glucose et de sodium dans l’urine primitive et le plasma. Au dessus de cette taille, le passage des molécules est de plus en plus restreint et aucune substance de masse moléculaire supérieure à 70 000 ne passe le filtre glomérulaire. C’est pourquoi on ne trouve pas de protéines dans l’urine primitive.
2.2
L’urine primitive se forme au niveau du corpuscule de Malpighi formé du glomérule et de la capsule de Bowman. Le sang qui arrive dans les anses capillaires du glomérule est filtré par la paroi capillaire et par celle de la capsule de Bowman. Il en résulte l’urine primitive qui passe dans la lumière de la capsule de Bowman.
2.3
On constate que la concentration du sodium et de l’urée est plus élevée dans l’urine définitive que dans l’urine primitive. En revanche, le glucose qui est présent dans l’urine primitive est absent de l’urine définitive. Enfin, l’ammonium et l’acide hippurique qui sont absents de l’urine primitive sont présents dans l’urine définitive.
Ces résultats s’expliquent par un comportement différent des reins à leur égard. Le sodium et l’urée éliminés en 24 h par les reins ne représentent qu’une partie de ce qui est filtré en une journée. On en déduit que ces substances sont partiellement réabsorbées, à plus de 90 % pour le sodium et à 30 % pour l’urée. Le glucose qui est absent normalement de l’urine définitive est entièrement réabsorbé. La présence d’ammonium et d’acide hippurique dans l’urine définitive alors qu’ils sont absents de l’urine primitive comme du plasma montre que ces substances sont sécrétées par le rein.
2.4
Le volume de l’urine primitive est de 180 L/24 h alors que seulement 1,5 L d’urine définitive est émis par 24 h. On en déduit que la plus grande partie de l’eau de l’urine primitive, soit 178,5 L, est réabsorbée par le rein.
2.5
2.5.1
ADH sont les initiales de AntiDiuretic Hormon, le nom anglais de l’hormone antidiurétique encore appelée vasopressine.
2.5.2
Les expériences a et b montrent que la concentration sanguine en ADH est inversement proportionnelle au volume de la prise de boisson. Plus l’apport d’eau est important et moins il y a d’ADH dans le sang. Au contraire, lorsque l’apport d’eau est insuffisant, l’ADH augmente dans le sang. On en déduit que l’ADH est sécrétée lorsque l’apport d’eau est insuffisant. On constate également que la diurèse est d’autant plus faible que le taux d’ADH est élevé et que la diurèse est importante quand le taux d’ADH est faible. On en déduit que l’ADH agit sur le rein en limitant la diurèse. En fait, l’ADH stimule la réabsorption d’eau par le rein ce qui a pour effet de limiter la diurèse.
2.5.3
L’expérience c montre qu’à la suite de l’ablation du lobe postérieur de l’hypophyse, le volume d’urine émise augmente de façon importante puisque l’animal présente une polyurie, émission anormalement élevée d’urine. Or une injection d’extrait post hypophysaire rétablit une diurèse normale. Sachant d’après les expériences précédentes que l’ADH agit sur le rein en limitant la diurèse, on en déduit que l’ADH est sécrétée par le lobe postérieur de l’hypophyse.
2.5.4
L’ADH est sécrétée par une glande endocrine, la posthypophyse, est transportée par le sang et agit sur un organe cible, le rein. C’est donc une hormone. Il s’agit d’une hormone peptidique, c’est à dire dont la molécule est formée de l’enchaînement d’acides aminés. En fait, l’ADH est un nonapeptide synthétisé par des neurones hypothalamiques.
3. Expression génétique de l’ADH (3,5 points)
3.1
Un gène est une partie d’une molécule d’ADN caractérisée par sa séquence de nucléotides et qui code la biosynthèse d’une protéine (ou d’un ARN).
3.2
3.2.1
La transcription est la conversion de l’ADN d’un gène en ARN messager. Elle s’effectue dans le noyau des cellules.
3.2.2
La transcription donne naissance à un ARNm dont la séquence des nucléotides est complémentaire de celle du brin transcrit de l’ADN selon les règles de complémentarité des bases. Dans l’ARN, l’uracile remplaçant la thymine de l’ADN, la séquence obtenue par la transcription est la suivante :
UGC UAC UUC CAG AAC UGC CCA AGA GGA
3.3
La traduction fait correspondre un acide aminé à chaque groupe de trois nucléotides appelé codon selon les règles du code génétique (document 5). On en déduit que la séquence peptidique de l’ADH est la suivante :
Cystéine-tyrosine-phénylalanine-glutamine-asparagine-cystéine-proline-arginine-glycine
3.4
3.4.1
On constate que la séquence du gène anormal présente un nucléotide de moins que la séquence du gène normal. L’examen des codons montre qu’il manque une base T entre l’avant dernier codon et celui qui le précède. Il s’agit donc d’une délétion d’un nucléotide.
3.4.2
La molécule d’ADH résultant de l’expression du gène anormal va être différente du nonapeptide normal. D’une part, ce sera un octopeptide et, d’autre part, son dernier acide aminé sera l’acide glutamique alors que le huitième acide aminé de l’ADH normale est l’arginine. En conséquence, la molécule d’ADH anormale ne va pas être reconnue par les récepteurs du tube collecteur rénal et la réabsorption d’eau sera insuffisante conduisant à la polyurie du diabète insipide.
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Partie 2 (6 points)
PHYSIOPATHOLOGIE
1. Étude clinique (1 point)
L'étude clinique d'une maladie a pour but d'en identifier la symptomatologie, la sémiologie, l'étiologie, la pathogénie et la physiopathologie. Elle permet d'en faire le diagnostic, quelle qu'en soit sa forme de révélation. Les différents temps de l'étude clinique sont l'interrogatoire et l'examen clinique.
Interrogatoire
L’interrogatoire du patient permet ici d’identifier des facteurs de risque d’athérosclérose.
Examen clinique
L’examen clinique du patient permet ici d’identifier un autre facteur de risque d’athérosclérose (excès pondéral) et un signe physique (hypertension artérielle).
2. Athérosclérose (3 points)
2.1
Les facteurs de risque d’athérosclérose chez Monsieur X. sont les suivants.
Hypercholestérolémie, excès pondéral, hypertension artérielle, absence d’activité physique, antécédents familiaux (coronaropathie paternelle), stress (profession anxiogène).
2.2
Monsieur X ne présente pas de tabagisme et n’est pas diabétique, deux autres facteurs de risque de l’athérosclérose.
2.3
L’angor ou angine de poitrine est caractérisé par un syndrome douloureux survenant par crises lors d’un effort physique ou de la marche ayant pour origine une hypoxie myocardique résultant de la réduction de l’apport sanguin au niveau du myocarde. Cliniquement, il se manifeste notamment par des modifications de l’ECG.
L’infarctus est la nécrose d’un territoire circonscrit résultant de l’oblitération de l’artère qui l’irrigue. L’infarctus du myocarde se manifeste par des douleurs rétrosternales intenses et une chute de la tension artérielle. Il est dû à une thrombose coronarienne aiguë et se manifeste également par des modifications de l’ECG.
L’athérosclérose des artères coronaires est la cause la plus fréquente d’angor et peut conduire à l’infarctus du myocarde qui en est la complication la plus fréquente.
2.4
Le principe de la prévention de l’athérosclérose est d’éviter les facteurs de risque. Les moyens à mettre en œuvre consistent à identifier les facteurs de risque individuels (dyslipidémie, hypercholestérolémie) pour adapter son alimentation en conséquence et d’éviter les facteurs de risque exogènes (tabac, absence d’exercice) en adoptant une hygiène de vie adéquate.
3. Examens paracliniques (2 points)
3.1
L’électrocardiographie est un examen paraclinique consistant à explorer l’activité cardiaque en enregistrant les courants produits par le cœur en fonction du temps. L’électrocardiogramme (ECG) est le résultat de cette exploration. Il est constitué des tracés graphiques obtenus par enregistrement de l’activité électrique du cœur à l’aide d’électrodes externes et est caractérisé par une succession d’accidents caractéristiques selon les dérivations utilisées (ondes P, complexe QRS, onde T).
L’électrocardiographie est indiquée chaque fois qu’est suspectée une atteinte cardiaque ainsi que pour la prévention et la surveillance.
3.2
Principe
L’imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) est fondée sur les propriétés de résonance des noyaux d’hydrogène présents dans les molécules lorsqu’ils sont placés dans un champ magnétique fixe et soumis à un champ magnétique oscillant.
Avantages
C’est une méthode non invasive, ne nécessitant pas l’utilisation de traceurs, dont l’innocuité est totale et qui présente une résolution élevée (du µm au mm).
Inconvénients
Le coût élevé des machines et l’inconfort des patients placés dans un tunnel étroit et bruyant sont les principaux inconvénients de l’IRM. Elle est contre indiquée en cas de claustrophobie et en cas de présence d’un corps étranger métallique dans le corps.
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Partie 3 (4 points)

TERMINOLOGIE MEDICALE

1. Définitions (1,25 point)
 1. Ischémie myocardique : diminution ou arrêt de la circulation artérielle dans une partie du muscle cardiaque.
 2. Hyperuricémie : taux excessif d’acide urique dans le sang.
 3. Ascite : accumulation de liquide dans la cavité péritonéale
 4. Posologie : quantité et rythme d’administration d’un médicament lors d'un traitement.
 5. Pyélotomie : incision du bassinet.
 6. Acrocyanose : coloration bleue de la peau des extrémités.
 7. Hémicolectomie : ablation d'une moitié du côlon.
 8. Dysurie : difficultés de miction.
 9. Bradypnée : rythme respiratoire trop lent.
 10. Fongicide : qui détruit les champignons.
2. Termes médicaux correspondant aux expressions (1,25 point)
 1. Pyrosis
 2. Eupeptique
 3. Endométrite
 4. Épistaxis
 5. Métastase
 6. Logorrhée
 7. Ictère
 8. Gastrorraphie
 9. Paraplégie
 10. Mastodynie
3. Définir et comparer deux à deux (1,5 point)
1. Anesthésie : suppression de la sensibilité. Hypoesthésie : diminution de la sensibilité. Les deux termes comportent le suffixe esthésie qui se rapport à la sensibilité mais dans le premier cas, le préfixe a est privatif (sans), tandis que dans le second, hypo signifie une diminution.
2. Gonarthrose : arthrose du genou. Coxarthrose : arthrose de la hanche. Arthrose indique dans les deux cas qu’il s’agit d’une affection dégénérative des cartilages d’une articulation mais gon indique qu’il s’agit de l’articulation du genou dans le premier cas et cox indique qu’il s’agit de l’articulation de la hanche dans le second cas.
3. Gastrectomie : ablation de l'estomac. Gastrotomie : incision de la paroi de l'estomac. La racine gastro indique qu’il s’agit de l’estomac dans les deux cas mais ectomie correspond à une ablation tandis que tomie correspond à une incision.
4. Hémoculture : mise en culture du sang sur un milieu approprié destinée à la mise en évidence de germes éventuellement présents dans le sang. Sérodiagnostic : méthode de diagnostic fondée sur la mise en évidence d’anticorps spécifiques dans le sérum. Dans les deux cas, un prélèvement sanguin est nécessaire. Dans l’hémoculture, on identifie un germe présent dans le sang directement après culture tandis que dans un sérodiagnostic, on identifie dans le sérum des anticorps spécifiques dont la présence révèle qu’il y a eu un contact avec un germe.
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