CORRIGES

Sujet national, juin 1999



Durée de l’épreuve : 4 h
Coefficient : 8


Accéder au sujet

Partie 1 (10 points)

Biologie humaine

10. Corrigé

1. Anatomie et vascularisation de l'appareil digestif. (2.5 points)

1.1

Voir document 1 : Voies biliaires et pancréatiques.

1.2

Voir document 2 : Voies du transport des nutriments.

2. Digestion et absorption des lipides. (2.5 points)

2.1

L'expérience du document 3 a pour objectif de montrer la nécessité de la présence simultanée de la bile et du suc pancréatique pour que la digestion de l'huile puisse s'effectuer in vitro.

Dans le tube 1, où se trouvent seulement de l'eau et de l'huile, les deux liquides se séparent et l'on n'observe aucune variation du pH. Dans le tube 2, où l'on a ajouté de la pancréatine à l'huile et à l'eau, les deux liquides se séparent également et on n'observe pas non plus de changement de pH. En revanche, dans le tube 3, l'addition de bile au mélange huile eau pancréatine empêche les liquides de se séparer et le pH passe de 7.5 à 4.5 indiquant qu'un acide a été libéré.

L'huile contenant des glycérides (lipides qui sont des esters de glycérol et d'acides gras), la baisse du pH montre que des acides gras ont été libérés par l'hydrolyse des glycérides sous l'action d'une enzyme, la lipase pancréatique, présente dans la pancréatine. Bien que de la lipase soit présente aussi dans le tube 2, elle n'a pas pu agir sur l'huile car elle est hydrosoluble. Elle est donc restée dans la phase aqueuse à la suite de la séparation de l'huile et de l'eau. Au contraire, dans le tube 3 où de la bile a été ajoutée, l'hydrolyse des lipides a pu avoir lieu. En effet, la bile permet la formation d'une émulsion entre l'huile et l'eau et rend ainsi possible l'action de la lipase pancréatique sur les glycérides de l'huile.

2.2

Triglycéride + eau ---- lipase pancréatique -----------> Glycérol + acides gras

2.3

Les molécules issues de la digestion des lipides se rassemblent dans des particules appelées chylomicrons.

Les produits hydrophobes de la digestion des lipides, comme les acides gras à longue chaîne, sont absorbés par les cellules intestinales mais ne passent pas dans les capillaires sanguins des villosités de l'intestin. Dans les entérocytes, ils servent à la synthèse de triglycérides qui se combinent ensuite aux apolipoprotéines pour former les chylomicrons.

Les chylomicrons passent des entérocytes où ils se sont formés vers les capillaires lymphatiques qui se réunissent en vaisseaux chylifères. Ces derniers, après avoir drainé les ganglions lymphatiques, se jettent dans la citerne de Pecquet d'où la lymphe gagne la circulation sanguine par le canal thoracique.

3. Digestion et absorption des glucides. (2.5 points)

3.1

En présence d'eau iodée, l'amidon donne une coloration bleu-violet alors que la liqueur de Fehling permet de mettre en évidence la présence de substances réductrices. Lorsque de l'empois d'amidon est incubé à 40°C et à pH 7 pendant 20 minutes, aucune transformation ne se produit puisque l'eau iodée donne toujours une coloration bleue et que le test à la liqueur de Fehling est négatif (pas de changement de couleur). En revanche, lorsque de la pancréatine a été ajoutée à l'empois d'amidon, on observe au bout de 20 minutes que l'eau iodée ne donne plus la coloration spécifique de l'amidon montrant ainsi que l'amidon a disparu. En outre, le précipité rouge brique obtenu avec la liqueur de Fehling montre que des substances réductrices sont présentes dans le milieu. On en déduit qu'en présence de pancréatine, l'amidon a été transformé en sucres réducteurs.

3.2

La réaction qui s'est produite dans le tube 2 est une hydrolyse enzymatique dont l'équation-bilan est la suivante :

Amidon (polymère de glucose) + eau ------- enzyme ------> maltose (dioside réducteur)

3.3

Le principe actif de la pancréatine responsable de cette réaction est une enzyme, l'amylase pancréatique.

3.4

Dans l'intestin, le maltose issu de la digestion de l'amidon est hydrolysé sous l'action d'une autre enzyme, la maltase. Le maltose étant un dioside formé de deux molécules de glucose, la molécule obtenue par l'hydrolyse du maltose est du glucose.

3.5

Le glucose libéré par l'hydrolyse du maltose est absorbé par la muqueuse intestinale. Il passe ensuite dans le sang des capillaires des villosités intestinales avant d'être transporté vers le foie par la veine porte.

4. Comportement des reins vis à vis du glucose. (2.5 points)

4.1

Voir schéma 1 : Vascularisation du néphron.

4.2

Capsule de Bowman : urine primitive.

Canal collecteur : urine définitive.

L'urine primitive résulte de la filtration du sang glomérulaire par la capsule de Bowman. Comme seules les macromolécules sont arrêtées par le filtre glomérulaire, la concentration en petites molécules comme le glucose dans l'urine primitive est identique à celle du sang.

Chez l'individu A, l'absence de glucose dans le liquide en fin du tubule proximal montre que tout le glucose présent dans l'urine primitive a été réabsorbé. En revanche, chez l'individu B qui est diabétique, on constate une hyperglycémie puisque sa glycémie est égale à 12 mmol/L alors que la valeur normale est de 5 mmol/L. Chez cette personne, une partie du glucose de l'urine primitive est réabsorbée au niveau du tubule proximal, mais l'urine définitive contient encore 3 mmol/L de glucose. Ceci montre que les capacités de réabsorption du tubule proximal sont limitées et qu'il ne peut réabsorber le glucose si sa concentration dans l'urine primitive dépasse 9 mmol/L.



Accéder au sujet


Partie 2 (6 points)

Physiopathologie

Corrigé

1. Alcoolisme chronique. (3 points)

1.1

Intoxication par usage chronique de boissons alcoolisées. L'alcoolisme chronique est donc une toxicomanie à l'alcool.

1.2

Dépendance : état psychique et quelquefois physique résultant de l’interaction entre un organisme vivant et une substance chimique se caractérisant par une pulsion à prendre la substance de façon continue ou périodique afin de retrouver ses effets ou d’éviter le malaise de la privation.

Tolérance : phénomène caractérisé par le fait que lors de l'utilisation chronique d'une drogue il soit nécessaire d'augmenter la dose pour obtenir le même effet.

État de manque : ensemble de symptômes se manifestant chez les toxicomanes pharmacodépendants lorsque s'estompent les effets de leur dernière prise.

L'état de manque est une manifestation de la dépendance et ne se manifeste donc que chez les personnes dépendantes. La tolérance oblige les personnes dépendantes d'une drogue à augmenter les doses au cours du temps pour empêcher l'apparition d'un état de manque.

1.3
 

Organes atteints
Lésions                   Signes cliniques
  • Tube digestif

  • Foie


 
  • Pancréas

  • Système cardiovasculaire



  • Système nerveux

 
 
 
 
 
 
 


  • Tégument 

  • Sang
Œsophagite, gastrite, varices œsophagiennes 
Diarhées, dyspepsie, 
pituite, pyrosis


Stéatose, cirrhose
Hépatomégalie, ascite


 

Pancréatite

Douleurs abdominales


Myocardiopathies
Hypertension artérielle, 
troubles du rythme


Atrophie corticale, neuropathie 

périphérique, polynévrite,

névrite optique, accidents 

vasculaires cérébraux

Troubles du comportement

et de l'humeur



Angiomes stellaires
 
 


Macrocytose, thrombopénie, 

hyperlipémie

2. Examens paracliniques. (3 points)

Hémogramme

Définition : analyse qualitative et quantitative des éléments figurés du sang (concentration de chacun des éléments figurés, taux d'hémoglobine, formule leucocytaire).

Intérêt : diagnostiquer une anomalie et orienter vers sa cause (infectieuse, métabolique, etc.)

Avantages : simple à réaliser et peu coûteux.

Inconvénients : nécessite une prise de sang et n'est qu'un examen d'orientation.

Échotomographie

Définition : méthode d’échographie permettant d'obtenir des images par plans de coupes successifs de l'organe étudié.

Intérêt : Les examens échographiques rendent possible l’exploration des organes internes à l’exclusion de ceux entourés par de l’os (cerveau adulte) ou contenant de l’air (poumons). On utilise l’échotomographie pour obtenir des images des voies biliaires, du foie, du pancréas, de la rate, des reins, des surrénales, de la thyroïde, des testicules, des seins, des ganglions.

Avantages : c’est une méthode d’orientation diagnostique non invasive, sans danger, permettant également d’obtenir des images dynamiques (échocardiographie, échographie foetale) et de mettre en évidence des anomalies (hépatomégalie, lithiase, kyste etc.).

Inconvénients : les images sont parfois difficiles à interpréter

Fibrogastroscopie

Définition : examen de la cavité gastrique par fibroscopie.

Intérêt : elle permet de visualiser directement les lésions en cas de troubles digestifs haut (dyspepsie, pyrosis, hématémèse, douleurs épigastriques).

Avantages : permet le traitement direct d'une pathologie et les prélèvements éventuels.

Inconvénients : ce sont ceux des fibroscopies, c'est à dire la nécessité d'une prémédication et d'une préparation parfaite du patient, son caractère invasif, sa durée, son coût ainsi que les risques d'hémorragie, de perforation et d'infection.



Accéder au sujet

Partie 3 (4 points)

Terminologie médicale

Corrigé

  1. Définitions (1.25 point)
  1. Asthénie : état de fatigue
  2. Pituite matinale : rejet le matin à jeun d'un liquide glaireux à la suite d'un spasme du cardia.
  3. Gastralgies : douleurs de l'estomac.
  4. Dyspepsie : difficultés à digérer.
  5. Hépatomégalie : augmentation du volume du foie.
  6. Amyotrophie : atrophie musculaire.
  7. Angiome stellaire : malformation vasculaire cutanée se présentant sous la forme d'un point rouge d'où rayonnent des arborisations.
  8. Macrocytose : présence dans le sang de globules rouges de taille supérieure à la normale.
  9. Thrombopénie : diminution du taux des plaquettes dans le sang.
  10. Cirrhose : atteinte diffuse du foie caractérisée par une destruction des hépatocytes (nécrose) avec prolifération de tissu fibreux (fibrose) et régénération de nodules (amas d'hépatocytes remplaçant les lobules).
2. Termes médicaux correspondant aux définitions (1.25 point)
  1. Tachycardie.
  2. Polyurie.
  3. Gastrite.
  4. Cyanose des extrémités.
  5. Cryothérapie.
  6. Cachexie.
  7. Pancréatite.
  8. Stéatose hépatique.
  9. Aménorrhée.
  10. Paresthésies.
3. Définitions et comparaisons (1.5 point) 1. Polydipsie : soif excessive. Polyphagie : consommation de nourriture excessive. Les deux termes utilisent le préfixe poly- indiquant un excès mais le suffixe -dipsie caractérise la soif tandis que -phagie caractérise le fait de manger.

2. Anoxémie : diminution de la concentration du sang artériel en dioxygène. Anoxie : diminution de la concentration en dioxygène au niveau des tissus. Les deux termes sont construits avec la racine ox se rapportant à l'oxygène précédée du préfixe a, privatif et indiquent donc un manque d'oxygène. Toutefois, le suffixe -émie dans le premier restreint la signification au sang tandis que le second a un sens plus général.

3. Érythrose : coloration rouge de la peau et des muqueuses. Érythropénie : nombre de globules rouges inférieur à la normale. Le préfixe érythro, qui signifie rouge, se rapporte à la couleur dans le premier cas et aux globules rouges (érythrocytes) dans le second. Le suffixe -ose indique un état tandis que le suffixe -pénie indique un appauvrissement.