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Narghilé
  • Le tabac
Le mot tabac désigne à la fois la plante cultivée pour ses feuilles et les produits manufacturés issus de leur transformation. Le tabac, dont le genre botanique, Nicotiana, fut nommé en 1735 par Linné, appartient à la famille des Solanacées. C'est une plante rudérale (qui aime les décombres) originaire d'Amérique du Sud. Le genre Nicotiana comporte une cinquantaine d'espèces, le plus souvent annuelles, dont la taille va de 25 cm à 5 m de haut. Les tabacs cultivés, hybrides issus de sélections, sont inconnus à l'état sauvage. Il en existe deux espèces principales, Nicotiana tabacum et N. rustica. N. tabacum, le tabac de Virginie, est une plante aux fleurs roses ou rouges en forme de trompette dont la taille peut atteindre jusqu'à trois mètres. Les feuilles, simples et entières, dont les plus grandes mesurent jusqu'à 50 cm de long, contiennent plusieurs alcaloïdes dont le principal, la nicotine, est présente à une concentration de 0,5 % à 5 % du poids sec. N. rustica est utilisé pour extraire la nicotine de ses feuilles et ses graines fournissent de l'huile. 
Le tabac est consommé sous forme de préparations destinées à être fumées (tabac à pipe, à rouler, cigarettes, cigares), à être inhalées en prise nasale (tabac à priser) ou mâchées (tabac à chiquer). Si aujourd'hui les cigarettes constituent la forme de loin la plus consommée, il n'en a pas toujours été ainsi. Ainsi, jusqu'au début du vingtième siècle, c'est le tabac à chiquer qui occupait la première place.

 

Plant de tabac en fleur
  • Culture et manufacture
Il existe un grand nombre de variétés de tabacs aux caractéristiques différentes, chaque produit spécifique étant obtenu par le mélange de variétés choisies. Le tabac cultivé est une plante au développement relativement rapide ce qui rend possible sa culture même dans des régions à hiver long. Les semis, effectués en France au début du printemps, sont repiqués environ deux mois plus tard lorsqu'ils mesurent une dizaine de centimètres. Les conditions de repiquage et de culture conditionnent largement la qualité du tabac et sa croissance est étroitement surveillée. Les fleurs sont éliminées quand le pied atteint le nombre de feuilles voulu et les feuilles sont récoltées en été lorsque leur couleur commence à virer au jaune. On les laisse se flétrir avant de les suspendre pour les faire sécher puis on les réunit en bottes, les manoques, comportant environ vingt-cinq feuilles.
La préparation du tabac nécessite une étape de fermentation obtenue en mettant les manoques en tas. Les feuilles sont régulièrement retournées pendant la durée de la fermentation, poursuivie plus ou moins longtemps selon la qualité du tabac à obtenir. Au cours de cette opération, la température du tas peut atteindre jusqu'à 60°C et les feuilles s'assouplissent, leur arôme se développe tandis que le taux de nicotine diminue.

Plants de tabac cultivé
Après la fermentation, on compose les mélanges des différentes variétés qui correspondent aux différents produits. Les feuilles sont ensuite nettoyées de leurs nervures, mouillées et éventuellement parfumées, puis hachées avant d'être torréfiées. Ces opérations conduisent aux scaferlatis, tabacs utilisés pour la pipe et la cigarette. Le tabac à priser est une poudre de tabac ayant subi deux fermentations et un mouillage. Le tabac à chiquer est façonné en carottes dont le symbole sert d'enseigne aux bureaux de tabac. Les cigares sont constitués de lanières de Nicotiana repanda emballées dans une feuille extérieure fine et souple, la cape.
En France, la SEITA qui exerce le monopole de la distribution, a produit plus de 60 milliards de cigarettes en 1998, dont près de la moitié sont exportées, mais elle ne représente que 35 % du marché des cigarettes et scaferlatis (plus de 90 milliards de cigarettes en 1998). La même année, les taxes sur le tabac ont rapporté plus de 59 milliards de francs à l'état. Alors qu'en 1997 les ventes de cigarettes avaient diminué de 3,6 %, en 1998 elles ont augmenté légèrement (0,9 %). 
Selon l'ensemble des autorités sanitaires mondiales, européennes et nationales, l'abus du tabac constitue un désastre sanitaire.
  • Effets
Les effets psychoactifs du tabac proviennent de son principal alcaloïde, la nicotine, mais de multiples substances chimiques, libérées notamment dans la fumée par la combustion du tabac, sont responsables de divers effets sur la quasi totalité des organes. La nicotine est un stimulant central. Elle interfère avec différents neurotransmetteurs, notamment avec l'acétylcholine, qu'elle peut remplacer au niveau de certains de ses récepteurs (récepteurs nicotiniques). Elle accélère la fréquence cardiaque et augmente la pression artérielle tandis qu'elle diminue l'appétit et entraîne une très légère euphorie. La nicotine est une drogue toxicomanogène puissante et la dépendance au tabac est reconnue comme un désordre mental et comportemental selon la classification de l'OMS. 
La nicotine est absorbée rapidement au niveau des poumons, passe dans le sang et est transportée notamment vers le cerveau. Elle produit son effet en quelques secondes. Outre la nicotine, la fumée du tabac contient de l'oxyde de carbone et de multiples composés notamment des hydrocarbures polycycliques formés par pyrolyse. Ces substances libérées lors de la combustion du tabac sont particulièrement toxiques. L'usage chronique peut ainsi entraîner des dommages cardiovasculaires (infarctus, accidents vasculaires cérébraux), respiratoires (emphysème, bronchite chronique) et digestifs et le lien avec divers cancers (poumon, œsophage) est bien établi. Dans le monde, plus de 500 000 personnes sont mortes en 1995 de cancers du poumon dus au tabac et plus de 600 000 autres sont mortes de pathologies cardiovasculaires provoquées par le tabac. Parmi les divers produits à base de tabac, la cigarette est de loin la plus dangereuse en raison de l'absorption pulmonaire de la fumée car, en général, les fumeurs de pipe et de cigare n'inhalent pas profondément la fumée.


Molécule de nicotine

 


 



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