RETOUR AU SOMMAIRE
Retour à la page d'accueil sur les drogues
 
 


Peganum harmala
  • La rue de Syrie
La rue de Syrie, Peganum harmala, est une plante de la famille des Zygophyllacées d'environ un mètre de hauteur, répandue à l'origine en Asie centrale et en Syrie. C'est une plante rudérale, c'est à dire qu'elle préfère les sols enrichis en déchets azotés par l'activité humaine, et elle a gagné les régions sèches du pourtour méditerranéen. Son aire de répartition va aujourd'hui de la Méditerranée jusqu'à la Chine. Elle présente des feuilles en forme de filaments qui restent vertes pendant une partie de la saison sèche, des petites fleurs blanches qui se forment à l'aisselle des rameaux et un fruit globuleux contenant plusieurs graines aplaties. Les graines sont riches en alcaloïdes indoliques (harmaline, harmine) qui lui confèrent des propriétés hallucinogènes. Connue depuis des siècles, elle a été utilisée en médecine traditionnelle et comme enivrant. En outre, elle servait aussi à teindre les tapis en Turquie et en Perse. Dans l'Égypte antique, elle servait à préparer un philtre d'amour.


Molécule d'harmine
  • Les alcaloïdes de Peganum harmale
L’harmine est un acaloïde de la famille des beta-carbolines caractérisées par un noyau indolique juxtaposé à un cycle aromatique supplémentaire qui porte un groupe méthoxy (CH3O). 
C'est la méthoxy-1-méthyl-3,4-dihydro-beta-carboline. Cet alcaloïde est présent dans huit familles de plantes dont deux sont utilisées traditionnellement dans des préparations psychotropes. Outre Peganum harmala, le genre Banisteriopsis dont l'écorce de plusieurs espèces est utilisée pour préparer le yage, boisson hallucinogène utilisée dans le bassin de l'Amazone, contient de l'harmine.
L'harmaline a été isolée de Peganum harmale en 1841 et de Banisteriopsis  en 1927 et sa structure chimique établie en 1919. Sa synthèse chimique fut réalisée pour la première fois en 1927 par Richard Manske. Par oxydation, l'harmaline se transforme en harmine qui ne diffère de l'harmaline que par une double liaison supplémentaire. Par réduction, elle se transforme en tétrahydroharmine, beaucoup moins active.
A des doses de 200 à 400 milligrammes prises oralement, l'harmaline et l'harmine provoquent des hallucinations, surtout visuelles. Leur effet est potentialisé par les tryptamines ce qui pourrait expliquer l'habitude de certaines tribus indiennes d'ajouter des plantes contenant des tryptamines lors de la préparation du yage. L'harmaline et l'harmine sont des antagonistes de la sérotonine, un neurotransmetteur impliqué également dans le mode d'action des hallucinogènes indoliques.

Molécule d'harmaline


RETOUR AU SOMMAIRE
TOUS DROITS RÉSERVÉS
Didier Pol © 2001
dpol#noos.fr
Emplacements des visiteurs de cette page

N'hésitez pas à faire connaître vos impressions, commentaires, suggestions etc