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Les végétaux hallucinogènes induisent des effets physiologiques et mentaux comportant notamment des perturbations de l'humeur, des fonctions cognitives et des perceptions pouvant aller jusqu'aux hallucinations, c'est à dire la perception d'une réalité plus ou moins modifiée voire d'une réalité totalement inexistante produite par le cerveau.
Diverses plantes hallucinogènes  (peyotl, champignons, yage, etc.) ont été ou sont encore utilisées par de multiples populations disséminées sur tous les continents à des fins principalement magico-religieuses et/ou thérapeutiques. Il s'agit de rituels d'origine très ancienne souvent encore vivaces comme l'utilisation de l'amanite tue-mouche en Sibérie et au Kamchatka, celle du peyotl aux USA et au Mexique, celle des psilocybes ou des graines de liseron en Amérique latine, etc.
Les effets des plantes hallucinogènes résultent de la nature chimique des alcaloïdes qu’elles contiennent. Il s’agit principalement de dérivés de l'amphétamine, comme la mescaline du cactus peyotl, de dérivés de l'indol comme la psilocybine des champignons hallucinogènes et d’alcaloïdes anticholinergiques comme la scopolamine des Solanacées.



Shiva dansant portant des fleurs de datura dans les cheveux
(Inde, XIIème siècle. Rijksmuseum, Amsterdam)


Le peyotl, Echinocactus williamsii (= Lophophora williamsii), qui appartient à la famille des Cactacées, est un petit cactus d’origine mexicaine utilisé comme hallucinogène par des tribus indiennes du Mexique et du sud des USA lors de rites magico-religieux. C'est son principal alcaloïde, la mescaline, qui est responsable de ses effets.
 
 


Il existe plusieurs centaines de milliers d'espèces de champignons colonisant les milieux les plus divers et parmi elles il existe environ deux douzaines d'espèces produisant de la psilocybine, un puissant alcaloïde hallucinogène.  Leurs propriétés ont été découvertes par l'homme il y a très longtemps. C'est notamment le cas de plusieurs espèces de Strophaires, de Panéoles et de Psilocybes utilisés au Mexique où ils étaient déjà connus plus de dix siècles avant notre ère. Les champignons y sont consommés rituellement dans le cadre de pratiques chamaniques. 
 



L’Ergot de Seigle, Claviceps purpurea, est un champignon parasite des céréales. Il contient plusieurs alcaloïdes polycycliques comme l'ergotamine, l'ergométrine, l'ergocristine, dérivés naturels de l'acide lysergique, précurseur du LSD, le plus puissant hallucinogène connu.
Dans le passé, il n’était pas rare de mélanger les épis de seigle ergoté aux épis sains pour faire la farine, en particulier en période de disette. Il en résultait souvent une affection épidémique, l’ergotisme, due à la contamination de la farine par les alcaloïdes du champignon. Première mycotoxicose à avoir été décrite, de nombreux cas d'ergotisme ont été rapportés en Europe depuis le Moyen Âge jusqu'au début du vingtième siècle. 
 



Appelé aussi Eboga, Eroga ou Eboka, l'Iboga est une préparation hallucinogène utilisée traditionnellement dans une partie limitée de l'Afrique. Préparé à partir des racines d'un arbuste de l'Ouest africain du genre Tabernanthe répandu dans les forêts équatoriales d'Afrique de l'Ouest et cultivé dans quelques villages du Gabon, il est consommée rituellement par quelques tribus du Congo et du Gabon.
 
 
 



L'amanite tue-mouche, Amanita muscaria, est un champignon hallucinogène appartenant à la famille des Agaricacées comme le champignon de Paris. Il est largement répandu dans l’hémisphère nord où il pousse dans les sous-bois, notamment à proximité des bouleaux et des conifères. Son nom provient du Grec Amanos, une montagne de Cilicie où il était abondant. Il est aisément identifiable avec son chapeau rouge couvert de petites verrues blanches devenu le symbole des champignons. Il contient de l'acide iboténique, du muscimol et de la muscazone, alcaloïdes responsables de ses propriétés psychotropes.


Les solanacées, une famille de plantes appartenant à l'ordre des Solanales, sont caractérisées par une grande homogénéité de caractères, notamment anatomiques et biochimiques. Cette famille, comportant plus de 2 500 espèces, dont un grand nombre produisent des alcaloïdes, est répandue dans les régions chaudes et tempérées. Certaines espèces originaires d'Amérique sont utilisées dans l'alimentation humaine (pomme de terre, tomate, aubergine, piments) tandis que d'autres, particulièrement les Solanacées dites vireuses (jusquiame, belladone, datura, mandragore) mais aussi le tabac, ont été utilisées depuis des siècles pour leurs propriétés psychotropes. Elles les doivent à leur contenu en alcaloïdes, atropine, hyoscyamine et scopolamine chez les Solanacées vireuses, nicotine chez le tabac. Bien que les espèces alimentaires contiennent aussi des alcaloïdes dans les feuilles, les tiges et les racines, les parties comestibles comme le tubercule de la pomme de terre et les fruits des tomates des aubergines et des piments en sont dépourvues.



Diverses autres plantes utilisées depuis des temps immémoriaux, contiennent des alcaloïdes hallucinogènes. C’est le cas de certains cactus (cactus de San Pedro qui contient de la mescaline), des graines de certains liserons (qui contiennent des alcaloïdes dérivés de l'acide lysergique), celles des Banisteriopsis et de Peganum harmala, la rue de Syrie, (qui contiennent de l'harmaline), celles de l'Anadenanthera (qui contiennent des dérivés de la tryptamine). A l'exception de P. harmala, il s'agit de plantes d'origine américaine. 
 




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